Lou Anne et Damien -

03 août 2016

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Le déclic

Je ne sais pas exactement comment, mais un jour, j’ai eu le déclic. Celui de me dire que je préférais faire quelque chose qui me rende heureuse plutôt que de m’enfoncer dans des chemins plus conventionnels mais qui ne me conviennent pas. Je crois que ce jour-là, j’ai accepté d’avoir le droit de faire autre chose. De ne pas m’entêter dans une voie qui n’est pas la mienne parce que j’y suis déjà, parce que j’ai du potentiel et que c’est la norme de faire un bac + 5.

Nous sommes le 15 juillet, je suis diplômée d’un BTS Communication avec 16.88 de moyenne, et j’espère ne jamais me servir de ce diplôme pour travailler.

Quand j’ai choisi de partir en Nouvelle-Zélande, j’essayais de m’échapper de quelque chose qui ne me convenait pas. Je ne savais pas vraiment quoi. Le stress ? Le domaine de la communication ? La vie parisienne ?

Finalement, j’essayais de m’échapper de ma vie ici.

Aujourd’hui, je crois que je n’essaie plus de fuir, parce que j’ai accepté que ce que je faisais ici ne me convient pas, je pars pour vivre autre chose, pour nourrir mon cœur et mon esprit de nouvelles aventures. Je pars sans aucunes certitudes quant à ce qui m’attend là-bas, mais je pars dans l’espoir de grandir, de mieux me connaître et de me trouver.

Il y a quelques mois encore, j’étais craintive à l’idée de partir, de sortir du système scolaire, de ne pas pouvoir continuer mes études en revenant, de ne toujours pas trouver ma voie. Mais aujourd’hui j’ai accepté de me laisser porter par de nouvelles aventures, de nouvelles expériences. Bien sûr, j’ai toujours la crainte de ne pas trouver ma voie, de ne pas savoir quoi faire après le voyage etc. Je suis ultra prévisionniste alors c’est forcément difficile pour d’accepter de ne pas savoir ce que je vais faire.

Mais parfois, il vaut savoir lâcher prise. Aujourd’hui, je me rends compte que la vie que je mène ici ne me convient plus, peut-être est-ce seulement passager, mais pour le découvrir, il faut partir.

J’ai besoin de faire autre chose, de donner un sens à ce que je fais. Derrière mon ordinateur, la journée passe lentement.

En triant mes affaires pour le déménagement, je me suis demandée pourquoi j’avais autant d’affaires. Et surtout, pourquoi c’était si difficile de donner des affaires dont je ne me sers plus depuis longtemps. Pourquoi collectionner les choses semble si important ? Est-ce que le confort matériel rassure ?

J’ai décidé de donner la moitié de mon armoire, si ce n’est pas plus. Le reste de mes vêtements partiront soit avec moi, soit chez mes parents.

Finalement, en faisant du vide dans mon armoire, je fais du vide dans ma vie, je laisse un peu plus de place à de nouvelles choses, à une autre expérience.

Nous sommes à moins de deux mois du grand départ, d’une nouvelle tranche de vie, du saut dans l’inconnu. C’est un mélange d’excitation et de peur qui s’empare de moi, mais après tout, « La vie, ce n’est pas seulement respirer, c’est avoir le souffle coupé ! » comme disait Hitchkock.